Belur et Halebid
Depuis le VIIIe siècle, l’architecture hindoue s’épanouit en Inde du Sud, en dépit des guerres intestines, que les royaumes s’achèvent ou s’élèvent. Chaque empire a son style, imprégné des influences antérieures quand bien même elles appartiennent aux vaincus. Dans le Karnataka, Belur et Halebid élevés par la dynastie des Hoysala (IXe s.-XIVe s.) apparaissent comme l’acmé d’un long cheminement artistique. Les plus belles créations mêlent des sources diverses à des caractères régionaux marqués. Le temple de Chennakeshava de Belur (1117) et le Hoysaleshvara d’Halebid (1121) font partie des chefs-d’œuvre les plus raffinés de l’époque. Ils héritent des savoir-faire architecturaux et ornementaux de leurs contemporains les Cholas, les Chaluyakas (VIe et VIIe siècle) et plus de mille ans avant eux des artistes du Gandhara. Ils se caractérisent par la riche ornementation du mandapa et une architecture complexe, voire baroque. À Chennakeshava et Hoysaleshvara, les reliefs des frises et consoles font référence aux récits fondateurs du Ramayana et du Mahabharata, à Ganesh, aux monstres de la mythologie, aux divers avatars de Shiva, aux femmes et à leur sensualité. Chennakeshava célèbre la victoire des Hoysala sur les Cholas. Il est orné à l’entrée d’un gopura élevé au XVIe siècle par les souverains de Vijayanagar, nouveaux propriétaires des lieux (voir Hampi). Hoysaleshvara est composé de deux temples jumeaux dédiés respectivement à Shiva et Parvati. Chacun d’entre eux est précédé d’un pavillon où se niche une statue monumentale de Nandi, le taureau blanc monté par Shiva.