Mataiva
La légende raconte que Mataiva serait un morceau de l’île d’Huahine transporté par le guerrier Tu au milieu de l’océan pour en faire son royaume. L’histoire géologique de Mataiva raconte bien sûr autre chose. Sa formation est semblable à celle de Tikehau. Un volcan qui émerge il y a 66 millions d’années s’apaise et dont les limites du cratère se couvrent de corail. Huit hoa et une passe ouvrent sur l’océan seulement.
Par analogie, Mataiva est devenu l’atoll aux neuf yeux. Son lagon se distingue de tous les autres. Dit alvéolaire, il est formé d’un réseau concentrique de constructions coralliennes. L’érosion y a creusé des vasques profondes cernées par les coraux à fleur d’eau. La forêt primaire relativement bien conservée abrite une flore et une faune endémiques. Fougères et arbustes protègent les nids d’oiseaux terrestres dont la taille atteint parfois plusieurs mètres. Le motu Teaku surnommé l’île aux oiseaux est le repaire de colonies de sternes et de fous de Bassan.
Un gisement de phosphate exploité de 1917 à 1966 a fait momentanément de l’atoll le poumon économique de la Polynésie. Il comptait alors près de 3 000 habitants pour 280 aujourd’hui. Les vestiges de cette activité ponctuent encore le paysage sans toutefois le marquer de façon indélébile. Outre la pêche et le ramassage des crabes de cocotier, la culture de coprah perdure ainsi que celle de la vanille.