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Cuba, l'île où le baseball est roi

3 avr. 2025
En 2021, le baseball a été officiellement intégré au Patrimoine culturel national cubain. Une reconnaissance logique pour cette discipline arrivée des États-Unis au XIXe siècle et qui n'a pas tardé à devenir le sport national. C'est aussi l'activité favorite des jeunes, qui ne s'empressent d'empoigner battes et gants à la sortie de l'école. En dépit des récents déboires de l'équipe nationale, victime de défections, la fièvre de la pelota n'est jamais retombée à Cuba.
Le 18 mars 2023 est une date qui restera à jamais gravée dans la mémoire des Cubains. Ce jour-là, leur équipe nationale se qualifiait pour les demi-finales de la Classique Mondiale de baseball pour la première fois depuis 2006. Une résurrection après une longue période de disette, émaillée de polémiques en tous genres.
25 trophées de champions du monde
Deux ans auparavant, la sélection ne s’était même pas qualifiée pour participer aux Jeux olympiques de Tokyo, et ce pour la première fois de leur histoire. Un véritable camouflet pour un nation auréolée de plus de vingt-cinq titres mondiaux et pas moins de trois titres olympiques. Pire, trois membres de l’équipe ont décidé de ne pas retourner à Cuba après les épreuves de qualification, organisées aux États-Unis, prolongeant ainsi une longue série de défections (voir par ailleurs).
Cette victoire contre l’Australie a donné lieu à une ambiance digne du Carnaval de Santiago. Après s’être massés autour des écrans géants installés pour l’occasion, les habitants de La Havane se sont mis à envahir les rues, manifestant leur joie par des coups de klaxon au volant de leurs vieilles américaines.
Dans l'ombre des États-Unis
Car à Cuba, la pelota est (presque) aussi importante que la religion. À chaque fois que l’équipe nationale joue, c’est tout le pays qui retient son souffle. Tout Cubain qui se respecte possède d’ailleurs un avis tranché sur les performances de l’équipe nationale, qu'il n'hésite pas à exprimer aux terrasses des cafés.
Le baseball, un moyen de quitter le pays Lorsqu’elles prennent part à des compétitions internationales, les équipes de baseball cubaines ont tendance à revenir... avec quelques joueurs de moins. Ce phénomène de désertion n’est pas nouveau : depuis la révolution de 1959, qui a aboli le sport professionnel, deux à trois joueurs quittent l'île clandestinement chaque année pour aller faire carrière aux États-Unis. Lors du Mondial des moins de 23 ans, qui s’est tenu au Mexique en 2021, ce sont 12 joueurs, soit la moitié de l’équipe, qui n’étaient pas dans le vol retour vers Cuba. Un moyen de fuir la crise économique qui touche l’île, confrontée à de graves pénuries d'aliments et de médicaments. |
Cette fièvre du beisbol, Cuba y a succombé dès la fin du XIXe siècle, lorsque deux étudiants cubains importent la pratique des États-Unis. Quelques années plus tard, Habanero Emilio Sabourin, premier joueur cubain à évoluer en ligue majeure américaine (MLB), fonde les premiers clubs dans l'Ouest du pays, à la Havane et Matanzas. Il faut ensuite attendre 1878 pour que la discipline se professionnalise avec la création d’un championnat à part entière.
Un spectacle de rue
Non content d’envoyer ses meilleurs joueurs en MLB, Cuba a aussi fait du baseball un moyen d’unir la population. Il suffit de voir l’ambiance qui règne dans les stades à l’occasion des matches : les cris des supporters peinent à couvrir les bruits des trompettes et tambours joués par des groupes improvisés.

Dans les rues aussi, le baseball se joue en musique, dans la joie et l'improvisation. Il suffit de quelques gants usés, d’une batte et d’une balle pour que les enfants et adolescents investissent l’espace public, et se lancent dans des coups improbables avec la simple envie de s’amuser et de faire le show.
S'il est toujours considéré comme le sport national, le baseball a cédé énormément de terrain au football ces dernières années. En autotour à Cuba, vous verrez les rues désormais envahies de cages improvisées. Lors de la Coupe du monde, le ballon rond est même retransmis dans les salles de cinéma. Une preuve que l'encombrant voisin américain perd peu à peu son influence au profit de l'Europe.
Où ressentir la fièvre du baseball à la Havane ?
- La Esquina Caliente, Parque Central : Des dizaines de fans se rassemblent chaque après-midi dans ce recoin du parc pour des discussions animées, passionnées et instructives autour du baseball. Pour l’anecdote, « la esquina caliente » (le coin chaud) est le surnom donné à la troisième base d’un terrain de baseball.
- Estadio Latinoamericano : Situé dans le quartier de Cerro, l’ancien Gran Estadio peut accueillir 55 000 personnes, ce qui en fait la troisième plus grand stade de baseball au monde. Vous pourrez y assister à un match des Industriales, l’unique club de la ville.
- Le Pelota : Situé à l’intersection des rues 12 et 23, ce café historique du quartier de Vedado porte bien son nom. Dans un décor vintage, il retransmet en direct les matchs de la Série nationale de baseball ; de quoi mesurer la ferveur des Havanais pour leur sport national.
- Les parcs, plages et ruelles sont le théâtre de parties improvisées à toute heure de la journée. Si vous flânez dans le quartier de Vedado, vous tomberez probablement sur l’une d’elles !